Que faire du château ?
A Sainte-Christie, une étude révèle l’intérêt du “castet” et la complexité de sa restauration éventuelle
De g. à dr., Etienne Lavigne, Valérie Rousset et Pierre Barrail devant l’imposant rempart de terre crue. En haut, au milieu, les latrines d’époque
Etienne Lavigne et Valérie Rousset pendant la présentation
Dans l’assistance, au 1er rang, de g. à
dr. : Jacques Lapart, Evelyne Rey (présidente de l’Office de tourisme - OT),
Maryse Martinot (hôtesse de l’OT) et Alain
Faget (président de la Communauté de
communes). Au milieu, au 2ème rang, Gérard Temple, professeur d’histoire
et membre influent du CLAN
M. Pierre Barrail, maire de
Sainte-Christie-d’Armagnac, organisait ce lundi 17 décembre, la présentation
d’une étude préalable à la restauration du « castet » de son village.
Beaucoup de Sainte-Christois étaient venus.
Mais restaurer ce château suppose que
l’on sache quoi en faire ! « Les prescriptions actuelles en matière
de santé et de sécurité seraient mortelles pour une construction aussi
précieuse », déclare M. Etienne Lavigne, architecte du patrimoine.
« Il n’est donc pas possible d’en faire un lieu d’hébergement ou des
bureaux », ajoute-t-il.
Pour lui, une bonne formule serait de
demander l’inscription du château au Registre des Monuments historiques. La
commune bénéficierait alors de conseils de spécialistes et le château d’une
reconnaissance officielle.
M. Jacques Lapart, professeur et
conservateur des antiquités et objets artistiques du Gers se montre sceptique
sur les chances de succès d’une telle demande. Seul le rempart lui semble avoir
une chance.
M. Barrail regrette que les représentants de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) n’aient pu venir, car, il souhaitait leur poser des questions sur le mode de financement possible des travaux.
Des travaux d’urgence – Selon Etienne Lavigne, Il y a d’abord un problème épineux de
méthode à utiliser, tant le bâtiment est complexe. Mais, avant toute idée
d’utilisation future, il faut éviter la poursuite des dégradations. Le plus
urgent serait de clore le bâtiment, qui est ouvert à des pillages éventuels,
rehausser la toiture à sa hauteur primitive, pour arrêter le pourrissement de
la charpente mise à nu et remettre la partie sud au niveau d’autrefois en
allongeant les poutres. Enfin, refermer la loggia, dont l’ouverture favorise le
travail des intempéries et empêcher le ruissellement de l’eau sur les parties
fragiles. M. Lavigne évalue ces travaux à 200 000 €, montant qui est
« au-dessus des moyens de la commune » (Pierre Barrail).
Une étude historique et archéologique - Le Conseil municipal avait sélectionné Etienne Lavigne pour piloter l’étude complète de faisabilité. Celui-ci, estime qu’il fallait commencer par une recherche des vraies données historiques et archéologiques. Il a donc chargé Mme Valérie Rousset (Bureau d’études en archéologie du bâti) d’effectuer cette étude. Après le recueil de ces données, M. Lavigne souhaite effectuer la datation du bâti. Pour cela, une étude de l’âge du bois (dendrochronologie) est en cours. Elle permettra de dater la charpente. La 3ème phase, selon Etienne Lavigne, serait le diagnostic des travaux d’urgence à réaliser et les méthodes à employer. Il préconise, par exemple, la destruction des modifications effectuées au XIXème siècle (loggia etc.).
Un site maintes fois remanié – Valérie Rousset a relevé 3 zones caractéristiques : le château, construit aux XIIème et XIIIème siècles sur un édifice religieux du XIème siècle, avec donjon en calcaire et rempart ; il a été détruit pendant la Guerre de Cent-Ans et rebâti à la fin de celle-ci. Des remaniements ont été effectués au XVIIème et au XIXème siècles. Outre le château, il y a une motte féodale, monticule artificiel destiné à servir de socle à une tour, du XIème siècle, et le castelnau (village à côté du château). C’est le château que Valérie Rousset a étudié.
Un rempart exceptionnel en terre crue - Le château, tel que rebâti après la
Guerre de Cent-Ans, est adossé à ce qui reste d’un rempart en terre crue,
datant de la construction primitive. Cette partie du «castet» est
considérée comme exceptionnelle. C’est « une représentation de la
technique de couches continues de terre crue montées dans un coffrage (…) dans
une fortification médiévale. (…) Il constituerait ainsi l’unique et dernière représentation des
enceintes en pisé d’Armagnac » mentionnées dans les textes des XIIème et
XIIIème siècles, écrit Valérie Rousset. Détail trivial : il comporte des
latrines en encorbellement, donnant vers le fossé…
Outre le rempart, des vestiges de motifs de peintures décoratives, des restes de cheminées monumentales ont été découverts. Valérie Rousset, pour son étude, a procédé par sondages, sans pouvoir effectuer ses recherches sur toutes les parties a priori intéressantes. Par exemple, 2 silos, datant d’avant la 2ème moitié du XVème siècle, sont pleins à ras bord. Les vider pourrait être passionnant…En revanche, elle n’a trouvé aucune trace d’un souterrain.
Trouver une fonction au château – Etienne Lavigne souhaite que l’on trouve une fonction
originale au château et un montage financier avec des partenaires. Pourquoi ne
pas en faire un lieu à visiter pour les pèlerins de
Saint-Jacques-de-Compostelle ? Un spectateur britannique intervient :
« De plus en plus de personnes demandent à le visiter ! »
Avez-vous des idées pour l’utilisation future de ce bâtiment étonnant ? Il faut prendre en compte qu’il est en plein cœur du village et contigu à l’église. Croyez-vous que cela vaut la peine de le restaurer ? Le formulaire ci-dessous vous offre la possibilité de vous exprimer :



