Un grand merci à tous ceux qui me
lisent et m’encouragent, surtout ces derniers temps !
Un Centre
d’examens de santé propose des bilans de santé aux personnes les plus démunies
ou en formation
EN SAVOIR PLUS :
De g. à dr. : Angelo Castelletta Joseph
Mistrorigo et Anne-Sophie Massat (responsable du pôle office de soins de la CPAM)
« Il
y a 20 000 personnes dans le Gers qui ne consultent jamais un médecin,
soit plus de 10% de la
population ! », déclare Angelo Castelletta, directeur de la CPAM (Caisse primaire
d’assurance maladie) du Gers. Il est venu avec le président de la Caisse, Joseph Mistrorigo à
Nogaro le lundi 14 janvier pour faire connaître le Centre d’examens de santé
(CES) qui fonctionne à l’hôpital de Nogaro depuis 2 mois. Celui-ci est ouvert tous les premiers lundis
de chaque mois depuis décembre 2007.
Le code de la
santé n’est pas appliqué - Selon l’article L.321-3 du code de
la Sécurité sociale,
les assurés sociaux et leurs ayants droits peuvent bénéficier, tous les 5 ans, d’un bilan de santé
gratuit. Or, cet article n’est pas encore appliqué.
D’autre
part, l’arrêté du 20 juillet 1992 « redéfinit et élargit les
missions [des CES] : assurer un examen de santé périodique utile et de qualité
à tous les assurés et à leurs familles, toutefois les Caisses d’assurance
maladie doivent les proposer en
priorité à certains catégories : chômeurs, bénéficiaires du RMI, jeunes
sans emploi, retraités, inactifs, assurés volontaires, populations exposées à
des risques particuliers, en marge du système de soins (…) »
C’est la raison pour laquelle, dans un certain nombre de
départements pilotes, comme le Gers, la
CPAM crée des CES, dont l’action s’adresse aux personnes
fragiles ci-dessus définies. Sont également visées les personnes en formation,
car « la santé ne fait pas partie de leurs préoccupations ». C’est
ainsi que les stagiaires
de l’Ecole de la performance sont passés par le CES à Nogaro.
Le 1er CES du Gers a été créé à Auch, il y a
deux ans et demi. Il examine 850
personnes par an.
Philippe Nakpane, médecin du CES de Nogaro
A
quoi sert ce bilan de santé ? – Il
s’agit d’une série très complète d’examens et non pas de diagnostics débouchant sur une ordonnance.
Il y a les examens « classiques » : analyse du sang et de
l’urine, prise de tension, mesure du rapport taille/hanche etc. Mais on y subit
aussi un électrocardiogramme, un examen de la vue, de l’audition, de la
dentition, de la ventilation pulmonaire. De plus, des tests sont proposés pour le dépistage du
cancer.
A g. la directrice de l’hôpital de Lectoure avec sa
diététicienne
S’en suit un examen clinique, où sont évoqués les
antécédents médicaux et le mode de vie. Une copie du bilan est adressée à la
personne examinée et, s’il le souhaite, à son médecin traitant. Ce bilan est
prévu tous les deux ans pour les personnes vulnérables.
Pas
de concurrence avec les médecins de ville ou d’hôpital – Si les examens révèlent des anomalies, les personnes examinées sont
incitées à consulter leur médecin traitant ou à en trouver un. C’est lui
qui fera le diagnostic et une ordonnance ou adressera le patient à un
spécialiste.
Consulté, le docteur Stéphane Rey, médecin libéral à Nogaro,
estime que « ce CES est une très bonne chose, puisqu’il permettra de
toucher des gens qui ne consultent pas ». Il n’y voit aucune concurrence.
Le docteur Gilles Garet, lui aussi, applaudit cette initiative. Néanmoins, il
aurait aimé être convoqué à la conférence de presse de la CPAM. L’un comme l’autre n’avaient pas entendu parler de ce CES
qui fonctionne depuis 3 mois…
De dr à .g. : MM. Nakpane, Parmentier et Castelletta
Comment
faire venir les personnes à examiner ? – La CPAM compte sur les listes de RMIstes et, surtout, sur les associations de
bénévoles, qui connaissent la population visée. Une fois qu’elle est
repérée pour être examinée, la personne reçoit un questionnaire à remplir. Mais
on insiste sur le fait qu’il pourra être rempli au moment de l’examen avec une aide. Il y a
11 questions portant sur le mode de vie, qui permettent d’établir un score précis de précarité.
Néanmoins, le docteur Philippe Nakpane, médecin qui consulte au CES avoue sa
déception : « beaucoup de personnes convoquées ne viennent pas aux
rendez-vous malgré les relances… » M. Castelletta reconnaît qu’il y aura
toujours des personnes qui « passeront au travers. »
Dans le sens de
la prévention - Citant les cas des CES de Pau, qui examine
11 000 personnes par
an et celui de Auch, qui en voit 850, M. Castelletta précise que des dizaines
d’anomalies à traiter d’urgence ont été décelées par les CES. On est donc bien
dans la prévention.
S’il
a été décidé d’implanter un CES à Nogaro, c’est que celui de Auch est très éloigné
pour les personnes habitant à l’ouest du Gers qui ont des difficultés à se
déplacer. C’est le moyen de venir à elles, en étant plus proche. Le CES de Nogaro s’adresse aux 5
cantons de Nogaro, d’Aignan, de Cazaubon, de Riscle et de Plaisance (3 000
personnes susceptibles d’être examinées).
Un
partenariat avec l’hôpital permet à celui-ci d’offrir un bureau de
consultation, une salle d’examens et une salle d’attente équipés au CES. C’est la CPAM qui fournit le médecin
et l’infirmière.
Projets – La CPAM
espère constituer un
maillage de CES dans le Gers, en s’appuyant sur les hôpitaux locaux, qui
font déjà, comme celui de Nogaro, de la prévention (ergonomie de prévention des chutes pour les
personnes âgées, diététique pour les obèses etc.). Par ailleurs, les
prochaines cibles de la CPAM
pourraient être les
diabétiques qui ont du mal à se prendre en charge et les jeunes qui prennent des
anxiolytiques.
Corine Brouca, diététicienne à l’hôpital de Nogaro
(à droite) avec une collègue de Lectoure
Le 28 février
2008, je reçois le message-commentaire suivant :
Chargé de Com’ CPAM 32 (http://www.ameli.fr/assures/index_gers.php)
a écrit::
Bonjour,
n’ayant pas trouvé votre email je me permets de vous contacter directement dans les commentaires de cet article.
2 précisions / rectifications sont nécessaires, que je vous demanderai de bien
vouloir apporter dans l’article dans les meilleurs délais :
- l’orthographe du nom de notre médecin tout d’abord : Mr Nakpane et non Saknakpane…
- ensuite, et contrairement à ce qui est mentionné au début de l’article, de nombreux
gersois ont bénéficié d’un bilan de santé avant l’ouverture de notre CES. Ils
étaient pour cela redirigés vers d’autres centres d’examens de santé comme
celui d’Agen par exemple.
cordialement
Réponse de RH :
Merci pour ce
commentaire qui nous apprend qu’il y a déjà eu des bilans de santé gratuits
pour des assurés sociaux – je suppose – non-prioritaires,
1.
Je rectifie très volontiers le nom du docteur Nakpane (c’est déjà fait)
et je lui demande de bien vouloir m’excuser,
2.
S’agissant des bilans de santé : je prends bonne note de ce
complément d’information, mais celui-ci n’indique pas que « tout assuré
social bénéficie actuellement d’un bilan de santé gratuit ».
Je n’ai fait que reproduire ce qu’a dit M. Castelletta : d’abord il n’a
pas parlé d’un état de choses avant l’ouverture de votre CES, mais du fait qu’il
était impossible actuellement d’appliquer l’article du Code de la Santé cité (”Selon l’article
L.321-3 du code de la Sécurité
sociale, les assurés sociaux et leurs ayants droits peuvent bénéficier, tous les 5 ans, d’un bilan de santé gratuit.
Or, cet article n’est pas encore appliqué“).
Peut-être a-t-il voulu dire que son application n’était pas encore généralisée ?
D’autre part, le deuxième document cité (l’arrêté du 20 juillet 1992) indique bien
que les personnes fragiles sont prioritaires.
Que
pensez-vous de cette initiative et de cette discussion) ? La prévention sans limite peut-elle
aller contre la liberté ? Est-ce normal de décentraliser les Centres
d’examen de santé pour éviter un déplacement aux personnes examinées ? Les
formulaires ci-dessous attendent vos avis et vos remarques :
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